Lions Indomptables : champions après quinze ans de gabegie

Ce dimanche, 5 février, le Cameroun a décroché le titre de champion d’Afrique, au stade de l’Amitié de Libreville, en crucifiant l’Egypte 2-1, en finale de la CAN 2017. Les Lions Indomptables décrochent ainsi leur cinquième titre continental, le premier depuis 2002, soit quinze bonnes années après. Les Camerounais, ont donc comblé un grand retard, grâce à Nicolas Nkoulou (59e) et Vincent Aboubakar (88e). Mohamed El Neny (22e) avait ouvert le pointage pour l’Égypte.

Il a donc fallu attendre quinze ans pour revivre ça. Depuis tout ce temps, nous avons toujours été éliminés de façon humiliante, des grandes compétitions internationales. Nous avons toujours été sortis précocement, et souvent au premier tour, dans les conditions les plus chaotiques. Le Cameroun fut souvent voué à l’échec, car « envouté » par des pratiques indigestes, des plus inimaginables et des plus intolérables. La plaie etait devenue trop béante et profonde.

Voici donc expliqué pourquoi, rien ne marchait plus chez les Lions et qu’ils ne pouvaient aucunement donc plus gagner, à cause de quinze années de gabegie, de désordre et de « vampirisme » footballistique, entretenus par :

L'équipe des Lions indomptables

Un Gouvernement et des ministres des Sports incompétents

Le Gouvernement est sur la première marche des fautifs des causes qui ont souvent expliqué nos mauvaises performances d’antan. Devant l’oligarchie avec laquelle les Lions Indomptables avaient toujours été gérés, rien n’était véritablement fait, pour assurer le règlement définitif des problèmes qui ternissaient leur tanière.
Le Cameroun a toujours cumulé et cumule même encore, des handicaps structurels dans le domaine des infrastructures sportives absolument obsolètes. Alors que le Gabon, la Guinée Équatoriale disposent des enceintes sportives de renom, le pays de Roger Milla et de Bell Joseph Antoine, ne compte rien de véritablement acceptable comme stades.

À ce déficit quantitatif, s’ajoute une carence qualitative de nos infrastructures sportives. Tout est en projet. Ainsi, à l’exception des Stades Ahmadou Ahidjo et de Limbé, aucun stade n’est aux normes en ce moment pour accueillir une finale de coupe d’Afrique digne de ce nom.

Les ministres des Sports qui ont défilé, pourtant dépositaires de l’autorité gouvernementale, manquaient cruellement de charisme et de personnalité devant ces Lions.

Le Gouvernement qu’ils incarnaient, est donc toujours resté inerte et laxiste dans la gestion de nos Lions Indomptables. Évidemment, rien ne pouvait marcher. Mais alors, rien. Absolument.

Conséquence logique : les défaites se sont fatalement multipliées et accumulées. Et la vie continuait, sans que ce Gouvernement ne puisse véritablement frapper du poing sur la table, et siffler ainsi, la fin de la recréation, tout en adoptant des mesures fortes, qui pouvaient concourir au changement radical des mentalités rétrogrades.
Il a plutôt toujours regardé faire, ne s’indignant point ! Et finalement, la pourriture n’a fait qu’évoluer.

Une Fédération de foot et ses dirigeants exécrables 

La FECAFOOT et son comité de normalisation, que dis-je ? D’(a)normalisation, ont tant fonctionné dans le pire sinistre, multipliant ainsi des fautes, des bourdes, des erreurs et autres manquements terribles. On y a tellement assisté aux guerres de clans et d’intérêts.

La « FECAFOU » n’a fait parler d’elle seulement en des termes de faits divers ignominieux. Ses dirigeants n’ont cessé de poser, tous les jours, des actes d’incurie qui ont finalement terni nos chers Lions, et partant, les valeurs footballistiques de notre pays.
Tout s’est toujours fait là-bas, dans l’anarchie et la barbarie. Là-bas justement, tout le monde n’était prédestiné qu’à se faire une bonne santé financière. La corruption s’y est donc installée en maître absolu.

La Fédération Camerounaise de Foot,  cette poule aux œufs d’or, a simplement longtemps attiré des prédateurs et autres bandits à col blanc, et du coup, elle ne pouvait susciter que des convoitises et toutes formes d’envies, au détriment de la bonne santé des Lions Indomptables.

Pendant tout le temps que le comité de normalisation était aux affaires, on a tristement assisté à un clientélisme et à un favoritisme à nul autre pareil. L’affairisme et les trafics d’influence y ont carrément fait leur lit.

Il a d’ailleurs réussi plusieurs fois, à prolonger son bail, sans pour autant que cela soit un début d’exorcisme pour notre équipe nationale de football. Puis, est enfin arrivé Tombi, au terme d’une élection, froidement contestée.

Des joueurs et leurs comportements barbares

Ces derniers temps, pendant quinze bonnes années d’affilé, d’anciens Lions Indomptables, dits « cadres » de notre équipe, ont couvert leur nom, leur pays et leur peuple, d’opprobre et de déshonneur. Ils ont ainsi accumulés des contre performances corrosives et des carences choquantes.

Dans l’équipe nationale, des gestes relevant à la limite de l’infamie ont été posés, en dehors et sur le terrain, tournant ainsi en dérision, toute l’équipe nationale de football senior. Ces joueurs, imbus d’eux mêmes, se sont donc souvent rendus ridicules et impopulaires.

Tenez, jetons un petit coup d’œil dans le rétroviseur.

Qui ne se souvient pas de ce coup de coude stupide d’Alexandre Song au dos de la star croate Mandzukic ? Qui a donc oublié cette bourde d’Allan Nyom, poussant violemment le Brésilien Neymar ? Qui ne se rappelle plus de ce coup de tête ignominieux d’Assou Ekotto sur son coéquipier Moukandjo aujourd’hui grand capitaine et champion? Qui a oublié à la CAN 2015 ,les vives altercations entre Stéphane Mbia et Clinton Djie. Qui oserait ne pas se souvenir du refus de l’ex capitaine Samuel Eto’o de réceptionner le drapeau camerounais des mains propres du Premier ministre? Qui serait tenté d’oublier ces refus de plusieurs compatriotes tels Joël Matip ou Tchoupo Moting de répondre à l’appel du coach Hugo Bross, pour participer à cette CAN 2017 qui vient pourtant de consacrer les Lions champions d’Afrique? Que de bourdes donc ! Que de stupidité ! Que de barbaries ! La vraie sorcellerie !

On a donc tellement assisté aux stripages entre joueurs et encadreurs techniques, des piques entre joueurs eux-mêmes, des altercations entre joueurs et journalistes.

À cause de cela, beaucoup de ces joueurs ont été divisés en clans. Certains sans réels talents, ont été maintenus en sélection par l’onction de quelques «caïds ». D’autres, ont lâchement affiché des comportements exécrables, et ont cruellement été en manque de repères et de civisme.

Des joueurs qui s’opposent entre eux, boudent les entraînements, s’insultent, multiplient des crises d’humeurs, voilà là des comportements malfamés qui ont sauvagement illustré l’ampleur du mal dans la tanière des Lions Indomptables du Cameroun.

Ces guerres de clans, ces brutalités et cette animosité, ont donc été autant de tares qui ont fragilisé la sérénité de notre équipe fanion de football durant tout ce temps, et qui ont évidemment fini par ternir les bonnes prestations sur le terrain durant près de vingts ans.

Evidemment, rien ne pouvait donc plus se jouer normalement, mais heureusement, ils sont arrivés 

Dans un tel environnement caractérisé par autant d’anormalités, rien de normal ne pouvait naturellement être possible. Les Lions ne devaient donc que perdre tout le temps. Une vraie malédiction.

Il a donc fallu, pour sortir de cette crise menaçante, nommer tout de suite un nouveau Ministre des Sports, Bidoung Mpwatt, beaucoup plus charismatique et influent.

Faire naître une nouvelle FECAFOOT, beaucoup plus compétente et soucieuse des valeurs footballistiques avec à sa tête Tombi Aroko Sidiki.

Recruter un nouvel entraîneur à l’équipe fanion, beaucoup plus méritant et capable, au nom d’Hugo Bross, mais surtout, faire appel aux nouveaux joueurs, très jeunes et talentueux, comme Bassogog, et beaucoup plus patriotiques, solidaires et conquérants, avec à leur tête, leur capitaine Benjamin Moukandjo, si simple et si humble.

Et ce n’est qu’à ce prix là, à ce prix seul, que les Lions Indomptables et le football camerounais ont pu de nouveau, réécrire leurs plus belles pages en termes de scores, de records et de titres glorieux, et que le Cameroun pourra effectivement et sereinement organiser dans les années qui viennent, la prochaine édition de la CAN masculine de football, en 2019.

Vivement donc merci aux Lions. Bravo pour cette nouvelle couronne continentale !

 

Fabrice NOUANGA

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