Messieurs les Camerounais, les femmes ne sont pas nos objets…sexuels

Je me baladais ce dimanche dans les artères de Yaoundé, la cité capitale du Mboa. Je m’amusais alors, à draguer quelques charmantes et coquettes Camerounaises, véritablement trop nombreuses dans les rues en cette période de vacances. Il était évidemment question pour moi, de jauger mes performances « dragologiques », afin de vérifier qu’elles n’avaient aucunement pas baissé. Mais, seulement, chaque fois que je réussissais à convaincre une jolie dame, mon but tout de suite, était de l’embarquer chez moi…pour « concrétiser ».

 

 

 

Comble des malheurs, je suis malheureusement tombé sur une lionne féroce, très charismatique et d’une trop forte personnalité. J’avoue qu’elle m’a fait passer, deux quarts d’heures difficiles et inoubliables. En fait, elle s’est gravement offusquée de cette attitude indécente et impolie que j’avais, (comme la majorité des hommes d’ailleurs), à ne courtiser les femmes que, pour…du sexe et leur corps.

Dignité perdue . Crédit photo: dakar-echo.com

 

Eh oui, elle a pleinement raison! Nous hommes du Bled, avons carrément et uniquement fait, de nos chères « femmes », de véritables objets de plaisir. Après un mea-culpa, je me résolus à revoir cette attitude. Evidemment, je ne sais pas pourquoi les hommes Camerounais, célibataires ou même mariés, se plaisent tant à traiter leurs pauvres sœurs, comme de vraies « objets » sexuels.

 

 

Finalement, quelle est même la réelle finalité de l’existence de mes chères sœurs sur cette terre? Autrement dit, pourquoi chez nous, les femmes sont-elles même nées ou ont-elles été créées? Sont-elles vraiment venues dans ce monde au même titre que les hommes? Ou alors, sont-elles simplement là pour les hommes ? Je m’interroge encore.

 

 

Sincèrement, c’est quand même assez curieux que les hommes vivent autant avec les femmes, comme si dans leur pantalon, ce qu’ils ont en bas du ventre là, n’est rien d’autre qu’un énorme fouet, qu’il faille absolument tester sur elles.

Sinon, comment comprendre que, de statut d’être humain, les femmes soient fatalement devenues pour les hommes, des « objets à main »? Comment accepter que, toutes ces femmes qui réclament l’égalité, qui s’époumonent pour leurs droits, finissent plutôt toujours en missionnaires…que dis-je ? Soumissionnaires dans les lits de leurs bourreaux?

 

 

Une seule réponse évidente est possible ; et je pèse mes mots pour le dire : nous les hommes, avons cruellement transformé les femmes, en de pures serveuses sexuelles, objets de nos fantasmes et de nos plaisirs libidineux.

D’ailleurs, au Mboa, nous avons inventé tout un vocabulaire insalubre et salissant, pour designer nos pratiques malsaines et davantage salir leur image. Tenez : « baiser », « piner », « nyass », « mbinda », « fouetter », « cogner », « manger », « couper », « pimenter la sauce », « écraser le pistache », « laver le sol », « buter »…sont autant de verbes et d’expressions dégradantes et péjoratives, qui expriment l’acte sexuel. Les plus polis, utilisent encore « faire l’amour » ! Mais combien donc ?

Il faut alors parfois écouter nos commentaires dans les bars : « Gars, tu as finalement « fouetté » la nga d’hier là ? » ; « Moi je dois « nyass » la mienne tout à l’heure hein » ; « N’est-ce pas que j’ai finalement « piné » la grosse voisine là ce week-end. » ; « Moi je vais « cogner » la mince chose de l’autre jour là demain dis donc !». Que de chosification ! Voilà ainsi, à quoi sont tristement réduites les femmes! De simples objets ! Et pourtant, les femmes ne sauraient être des tams-tams sexuels, uniquement utiles pour nos jeux.

Couple en plein jeux érotiques. Crédit photo:amour et passion

 

La sexualité des hommes Camerounais me turlupine. Je la considère comme une pathologie. Oui nous sommes malades !!! Parce qu’à nous voir nous démener devant une femme pour prendre le pied, vous avez franchement pitié de nous. Il faut alors voir quand un de nous, veut déjà « pimenter la sauce » d’une femme, c’est le spectacle ! On devient tout petits et malheureux ; on supplie ; on rampe ; on pleurniche ; on se couche à plat ventre ; on utilise finalement toutes les stratégies et stratagèmes pour atteindre le but. C’est l’inspiration poétiquement sexuelle que vous voulez voir?

Et généralement, quand la partie de « jambes en l’air » a été négociée sans succès, nous tombons dans le « coma », complètement K.O. Nous devenons tous confus, nerveux, agressifs, insolents et aigris, comme si, sans le sexe, nous ne valions plus rien et cessions ainsi d’exister devant elles.

 

 

Chaque jour, il faut voir comment les pauvres femmes sortent de chez elles, comment elles se sentent comme des paquets de viande hachées ou comme des gentils toutous, que les bons messieurs ne s’embarrassent pas de siffler « psiiiiiiit, psiiiiiiit », avec un mépris sans pareil, et à tue-tête comme des maîtres à leurs chiennes.

J’imagine tous les jours, avec grande peine, le calvaire de celles qui vivent l’esclavage du concubinage, ou qui ont quand-même eu la « chance » d’être dotées et se sont mariées. Outre les humiliations quotidiennes, elles doivent sans doute subir tous les jours, de graves violences physiques, verbales et morales, juste, pour «livrer» leur corps.

 

 

Les femmes, elles aussi, ne vivent donc que et ne se définissent qu’à travers leurs « maris » gourmands et insatiables. Avoir « le privilège » de s’appeler Mme « Machin CHOSE », pas si facile au Mboa hein. Alors, elles se plient. Et c’est dans cette quête de la « stabilité », que leurs bourreaux les chosifient…sexuellement et les instrumentalisent, pour finalement les abandonner plus tard, sucées, pressées et fanées comme de vieilles serpillères.

Femme triste, intégrité envolée. Crédit photo :amour et passion

 

 

La faute à qui ? A nous les hommes, qui, à un moment donné, avons semblé être de bons compagnons pour ces femmes, mais qui, malheureusement, nous sommes révélés aussi irresponsables, odieux, incontinents, infidèles et immatures -Que les hommes excusent mon insolence-

Aussi, ne suis-je pas dans mon bon droit quand je parle de notre chosification de la femme ? Hein ? Parce qu’au lieu de se créer une identité autre que celle qui les confine dans un rôle de protecteur, nous les hommes nous enfonçons dans des bassesses qui ne sont pas dignes du « roseau pensant » que nous sommes censés être. Les femmes sont pour nous, ces objets fragiles qui nous exaspèrent, qui pleurent à tout vent, que nous payons, qui courent derrière nous, qui nous servent d’exutoire sexuel, qui se livrent à vie à notre service …libidineux. Quel drame !

Une femme n’est pas que faite pour se retrouver nue dans notre lit à nous écarter ses jambes. Elle est d’abord notre mère, notre soeur, notre femme,  notre fille. Elle a de la dignité et de l’intégrité que nous devons respecter. Et la traiter  comme une moindre que rien,  est un » crime contre l’humanité « , car chaque femme porte la vie.

 

De grâce donc, faisons retrouver l’amour de soi, cette dignité, cette fierté qui force le respect aux femmes. Tout simplement parce qu’une femme, demeure un Homme et non un objet…sexuel, uniquement bonne pour des jeux « litiques » ! En bon entendeur…

 

Fabrice NOUANGA.     Whatsapp :+237694658721

 

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