Bienvenue à Yaoundé, la capitale « pourrie-tique » du Cameroun

Comment et pourquoi Yaoundé est-il devenue si pourrie ? Aujourd’hui, la capitale du Cameroun, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Comme une star connaissant la déchéance après un règne sans partage, Ongola ne fait plus rêver. Vous avez dit pourriture? Qui pensez-vous que cela gêne aujourd’hui à Yaoundé? Il est impossible de faire 2 mètres, sans rencontrer un tas d’ordures fièrement déposées par les habitants et dégageant des odeurs fétides. C’est à croire que le propre dérange vraiment ma chère capitale.
Eh oui, Yaoundé est descendue de son piédestal pour devenir la ville la plus sale, la plus indisciplinée, la plus désordonnée, la plus anarchique, la plus insalubre de toute l’Afrique centrale, et ce, dans l’indifférence totale de ses habitants, et de ceux qui ont en charge sa gestion.

La saleté à tous les coins…

Yaoundé et les ordures, une histoire d’amour…

La ville aux sept collines est devenue la perle des ordures et c’est peu dire ! Curieusement, entre Yaoundé et les ordures, c’est une histoire d’amour et de fidélité. Ça dure depuis des années hein. Yaoundé sent très mauvais. La gestion des déchets y est catastrophique. L’insalubrité de la ville est un problème connu de tous. Elle a pris des contours alarmants. Surtout en cette saison pluvieuse. Dans toutes les rues de Yaoundé, des sachets, des bouteilles plastiques, des ordures ménagères sont expressément jetés par terre et sur le goudron alors que des bacs à ordure existent tout près. On a beau écrire «interdit de jeter les ordures ici sous peine d’amendes», le Yaoundéen s’en moque ! Là où il peut balancer ses ordures, il le fait sans état d’âme.

Des déchets liquides ou solides sont donc ainsi déversés partout dans les rues sans que personne ne s’en offusque. Ces ordures aux odeurs nauséabondes, foyers visibles et hideux d’une insalubrité galopante, sur lesquels de grands oiseaux noirs et des chiens errants ont élu domicile, aux côtés des rats, des mouches et de toute une faune d’éboueurs de la nature, sont le fait de l’incivisme des habitants de Yaoundé, de leur incapacité à maintenir propre leur environnement, de leur propension à se débarrasser de leurs poubelles sur la voie publique.

Yaoundé et l’insalubrité, une histoire de fidélité…

Le scénario est pratiquement le même dans la quasi totalité des coins et recoins de la ville. Des caniveaux bouchés, des eaux stagnantes obstruant parfois l’accès aux citoyens à leurs domiciles, des ordures jonchant les principales artères de la ville. Dans les marchés, des marchandes à la recherche du quotidien côtoient un monticule d’immondices embelli par des grosses mouches, cancrelats et cafards, exposant des produits destinés à la consommation à même le sol, dans un environnement nauséabond au vu et au su des autorités à tous les niveaux.

Aucune mesure de sécurité alimentaire prise par les autorités communales ou gouvernementales pour faire éviter à la population de contracter des maladies comme le choléra. Plus loin, des marchands ambulants prennent carrément possession de la chaussée en plein centre ville, mettant en péril leur propre vie. Le lieu dit « poste centrale » est carrément devenu un vaste marché où on vend tout sur la chaussée. Ici, on parle de débrouillardise.
Les rues sont jonchées de détritus puant à mille lieues. Les caniveaux, pour ce qu’il en reste, sont tous remplies d’ordures, d’eaux usagées boueuses, nauséeuses et stagnantes. Il n’est pas rare, et c’est un euphémisme, de voir des échoppes ou même des habitations construites sur des caniveaux dans l’indifférence totale des riverains. Carrément. Le comble, c’est qu’aux abords de ces caniveaux (si l’on peut encore les appeler ainsi), il y a des commerces. On y vend de la nourriture. Un caniveau, sensé drainer l’eau de pluie, est plutôt est dépotoir d’ordures. Même les pneus usagés. Qu’arrivera-t-il en saison de pluie? Tous nous devons comprendre que les caniveaux ne sont pas des poubelles… Les moyens déployés par les autorités pour le ramassage des ordures sont défaillants, voire inexistants.

Yaoundé et les mauvaises routes, un fait banal…

Il n’y a plus un tronçon à Yaoundé où, l’usager de la route peut circuler sans être confronté, à des creux de plus en plus larges et qui abiment davantage les véhicules. Tous ceux qui empruntent ces routes, savent que ces « nids d’éléphants » constituent un véritable piège pour les automobilistes. Une fois à l’intérieur le véhicule ne peut ressortir indemne. Au départ ce n’étaient parfois que de petits trous, mais avec le temps et l’action de la pluie, la route s’est considérablement dégradée.

Même si le cliché choque plus d’un, la présence des trous sur la chaussée est devenue un fait banal à Yaoundé. Les périphéries, les creux de plus en plus larges et transformés en mares d’eau dès la tombée de la pluie, se comptent à la pelle. Ici, le bitume, complétement détérioré à certains endroits, cause d’énormes dégâts auprès des automobilistes. Les amortisseurs et les pneus souffrent ! L’on est obligé de rouler à vitesse de tortue à ces endroits pour limiter les dégâts. Malgré toutes les précautions, à force de secousses, vous finissez toujours par aller plutôt que prévu chez le mécanicien.

La voirie, naguère luisante disparaît chaque jour un peu plus par plaques entières laissant la place à des crevasses enlaidissant ainsi ce que l’on trouvait le plus sur les cartes postales de Yaoundé: Les routes bitumées ! Des routes bitumées qui sont partout bordées par de hautes herbes exactement comme sur les routes villageoises !!!

Toutefois, il est quand même curieux de voir la façon avec laquelle les agents chargés de l’entretien de la voirie viennent parfois combler les trous. Il arrive des moments où l’on vient verser de la terre, et un peu de gravier pour badigeonner le bitume. Seulement, la situation ces derniers mois est allée s’aggravant. Les crevasses sur la chaussée, ont été abandonnées. Plus une moindre terre, ni gravier pour les combler. Les conducteurs de taxi, sont aux abois. Les routes sont impraticables ! L’on fait déjà face indéfiniment à des embouteillages interminables durant la journée. Et comme si cela ne suffisait pas, il faut encore batailler avec des trous pour circuler. Mais le drame, c’est que ça ne gêne pas les municipalités urbaines de la ville.

Une route de Yaoundé. Crédit photo :camer B

Yaoundé, un vaste WC à ciel ouvert…

De gros « gaillards » et grandes dames transforment les murs de paisibles citoyens et de grands immeubles et édifices publics en urinoirs et «défécatoires». On pisse et « chie » partout. On s’en fout du lieu. Là où l’envie arrive, on baisse son pantalon ou sa jupe et on assouvit son besoin. Il nous est désormais familier, d’observer ce fléau en constante évolution qui semble satisfaire ceux qui considèrent ces habitudes, même les plus inqualifiables, comme norme de vie. On s’adonne effectivement, de plus en plus, à uriner en toute tranquillité, voire quiétude, sous les yeux parfois hagards et souvent indifférents, des passants. C’est sans gène constatée, avec nonchalance, tel un spectacle tout droit sorti des pissotières dans les rues, aux carrefours de la ville, que des individus s’évertuent à satisfaire leurs sales besognes.

Des murs devenus urinoirs

 

Yaoundé, une capitale pourrie…

Quand l’huile de vidange impure des voitures s’accumule sur la chaussée, quand les sacs plastiques, soit disant interdits, continuent de tapisser le long de nos rues, quand des ordures jonchent les artères de nos routes, quand des véhicules aux fumées noirâtres passent en pétaradant devant des policiers indifférents. Toutes les artères sont envahies par ces engins roulants, véritables corbillards, totalement déglingués et crachant leurs gaz nocifs et cancérigènes à chaque changement de vitesse. Quand la terre est remuée sur les trottoirs dans des travaux sans fin, envahissant les bronches de poussières et de boue, quand les entreprises empoisonnent terres et rivières sans contrôle ni respect des normes nationales, quand l’argent destiné à entretenir, nettoyer, laver, désinfecter la ville est détourné par des responsables véreux, quand les équipements budgétisés par la municipalité et les ministères n’arrivent jamais à destination, comment pensons nous même nous en sortir un jour?

Qu’est ce qui n’a même pas marché ?

Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que Yaoundé soit autant abandonnée et cesse donc d’être si belle et fière? Pourquoi l’insalubrité avancée de Yaoundé ne semble émouvoir personne ? Qu’est ce qui fait que la ville soit si sale ? Pourquoi les Yaoundéens ont-ils tous tourné le dos à la salubrité et préfèrent vivre dans le pourri?

Yaoundé devrait pourtant être une belle ville, caractérisée par des gratte-ciels, des rues bitumées, bien entretenues et bien marquées, des quartiers chics etc… Yaoundé devrait se démarquer par des rues propres et salubres, des immeubles et autres bâtiments aux façades toujours peintes, par des échangeurs…

Yaoundé la propre doit exister. Yaoundé doit devenir l’enchantée et connaitre des heures de gloire comme ville organisée, disciplinée et respectée. C’est quand-même la capitale politique du Cameroun et non la « pourrie-tique » voyons !

Fabrice Larry NOUANGA

4 commentaires sur “Bienvenue à Yaoundé, la capitale « pourrie-tique » du Cameroun

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