Voici pourquoi il faut pénaliser le tribalisme au Cameroun

Depuis la dernière élection présidentielle tenue en novembre 2018 au Cameroun, le pays a sombré dans une escalade tribale qui donne froid au dos. Dans la rue, les réseaux sociaux, la télévision et partout d’ailleurs, il ne se passe plus un jour sans que des tribus s’insultent copieusement,  se dénigrant ainsi les unes les autres. D’ailleurs, des expressions nocives comme « Sardinards » et « Tontinards » pour designer certaines tribus, sont nées et font la Une, donnant ainsi le flanc à un tribalisme choquant sans pareil.

Vu l’ampleur du phénomène, il est plus que jamais impératif de pénaliser ce fléau qui gangrène piteusement tout une nation et la ramène plusieurs années en arrière. Comment réellement parler d’unité, si chaque Camerounais où qu’il se trouve pense d’abord à sa région,  son village, aux siens, aux ressortissants de son département avant de recruter, de faire du bien, d’aider, de soutenir, d’agir ? Le tribalisme, cette survalorisation de son identité propre, la négation et le rejet de l’autre est connu aujourd’hui au Camerouncomme étant un obstacle majeur à notre chère unité. Oui, beaucoup de Camerounais s’accoutument de plus en plus à la culture barbare du tribalisme. Partout où il se manifeste, il fait des ravages.

la Une inaceptable d’un journal au Cameroun

Il faut donc pénaliser le tribalisme

Oui, il faut pénaliser le tribalisme parce que plus que la compétence et l’efficacité, à cause de lui, c’est l’origine ethnique, la filiation, la religion, qui deviennent le critère par excellence d’ascension sociale. Le tribalisme nie donc carrément  la méritocratie. Que ce soit pour un emploi, un concours, un service public…Ce qui compte n’est pas ce que l’on sait faire, mais celui que l’on connaît au « village ». Par conséquent, ce ne sont pas les plus compétents  et les plus méritants qui sont engagés.

Il faut pénaliser le tribalisme parce qu’il conduit chaque tribu à voter sur une base ethnique afin de placer son représentant dans les rouages de l’appareil étatique. Cela s’est encore fait sentir lors la dernièreélectionprésidentielle. Il se dit que, Biya était le candidat des Bétis. Kamto, le candidat des Bamilékés. Cabral, celui des Basaa. NdamDjoya, celui des Bamoun. Ndifor, celui des Anglophones. Pour ne citer que ceux-là.

Le President Biya lors de la dernière election présidentielle

Ainsi, par ce vote tribal, les Camerounais espèrent en votant leur « représentant », tenter via celui-ci, de capter les subventions, les nominations et les services publics pour les détourner vers leurs groupes au détriment des autres factions ethniques. Il en découle une sorte de course effrénée à l’appropriation de l’État, car c’est le seul moyen de contrôler les ressources publiques et de s’enrichir. D’où l’émergence d’une société dévergondée, fondée sur le clientélisme, le favoritisme, l’ethnicisme, le clanisme, le népotisme et donc le laxisme.

Il faut pénaliser le tribalisme parce qu’il limite les relations humaines aux seuls membres de sa « famille tribale », du clan ou de la tribu, en instaurant une sorte de méfiance généralisée envers les autres. Il empêche finalement ainsi, d’échanger avec les autres, ceux qui ne sont pas de sa tribu. Des attitudes qui n’ont fait au final que consolider la misère, exacerber la pauvreté et creuser les inégalités, poussant ainsi les Camerounais à se réfugier dans un tribalisme protecteur. Un véritable cercle vicieux !

Le candidat Maurice Kamto lors de la campagne présidentielle

Il faut pénaliser le tribalisme parce que, de plus en plus, on voit des Camerounais se comporter par l’exclusive, célébrant un culte immodéré de leur tribu, en entretenant l’idée d’une supériorité naturelle ou historique de celle-ci sur les autres. Certains vont même carrément jusqu’àaccoler des clichés et des stéréotypes aux autres tribus. Vous entendrez alors les tenants de ces stéréotypes dire que certaines tribus seraient des « vantards », des « escrocs », des « prostituées », des « envahisseurs », des « fous pour 5 min », des « sorciers », des « mamy watta », des « alcooliques », des « méchants », des « violents », des « cupides », des « chichards », etc. On finit donc par jeter un regardaussi méprisant sur d’autres tribus à cause de ces préjugés non fondés. Et on y croit fermement !

Il faut pénaliser le tribalisme, parce que chaque Camerounais, consciemment ou non, fait la promotion de sa tribu en critère premier pour tisser ses relations, avant de l’introduire pernicieusement, tel un virus, dans le système où elle s’imposera comme critère de sélection et de rejet en lieu et place de la compétence et de la méritocratie.

Alors, sincèrement, vu ces dégâts de plus en plus innombrables,  je pense fermement, la main, sur le cœur, qu’il faut punir ceux qui promeuvent le tribalisme. Oui, il faut des lois qui condamnent les adeptes de cette pratique indigeste et les foutre en taule. Le tribalisme fait « petit d’esprit ». C’est gênant et honteux de se proclamer ouvertement tribaliste et trouver de bonnes raisons pour expliquer ses réactions et le masquer.

Il faut pénaliser cette histoire car elle entretient des frustrations et fait le lit de la violence ; la petite violence au quotidien, la petite violence pernicieuse; la violence ravalée, née du sentiment d’injustice et de rage impuissante et qui vous font « attendre votre tour pour leur faire voir à ces gens là »; cette violence là est la plus dangereuse.

Le candidat Cabral Libii lors de la campagne présidentielle

Oui, il faut pénaliser le tribalisme car il nie l’individu, lui renie ses droits les plus élémentaires, l’empêche de s’exprimer et de vivre tout simplement car certaines tribus par leur pouvoir politique, économique ou social confisquent tout et se disent les meilleurs et persistent donc finalement dans la perversion.

Je crois fermement que, en pénalisant le tribalisme, chaque Camerounais où qu’il soit pourrait donc promouvoir l’anti-tribalisme et l’unité de la nation par tous les moyens possibles, afin d’extirper cette gangrènesystémique qui a envahi toutes les entreprises, les ministères, les PME, les associations, les écoles, les équipes sportives, les groupes culturels, les églises…

 

Ce n’est plus l’affaire de Biya (fût-il chef de l’État), mais l’affaire de tous ! L’unité d’un pays ne devrait pas reposer sur de simples considérations creuses comme la « paix », l’ « équilibre régional », le « mariage mixte »… Aucun groupe ethnique, aucune tribu, aucun clan ne devrait de par son pouvoir politique, économique ou social laisser aux autres l’impression que leur tour est venu de s’octroyer la part du lion du « gâteau national » et donc profiter toujours entièrement des avantages de tout un pays. Oui ; il faut punir les tribalistes.

Et pourquoi d’ailleurs on ne créerait pas chez nous, comme la CONAC, une Commission Anti Tribalisme : LA CONAT ?

Fabrice NOUANGA contact Whatsapp: +237694658721

1 commentaire sur “Voici pourquoi il faut pénaliser le tribalisme au Cameroun

  1. I have taken notice that in video cameras, exceptional detectors help to focus automatically. The particular sensors with some digital cameras change in in the area of contrast, while others make use of a beam involving infra-red (IR) light, particularly in low lighting. Higher specification cameras oftentimes use a mix of both devices and will often have Face Priority AF where the video camera can ‘See’ your face as you concentrate only upon that. Thank you for sharing your thinking on this site.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.