Africains du monde entier, Notre Dame ne vaut pas notre âme

Le lundi 15 avril dernier, un violent incendie s’est déclaré dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ravageant ainsi l’édifice millénaire et plongeant la France entière dans la stupeur et l’effroi. Malgré les efforts des pompiers de Paris, la flèche de la Cathédrale s’est effondrée et les deux tiers de la toiture sont partis en fumée, défigurant lamentablement ce monument emblématique du patrimoine religieux, culturel et historique du pays de Macron.

La Cathédrale Notre dame de Paris en feu. Crédit photo : Val Onambele. Image reproduite avec autorisation

 

Quelques minutes plus tard, la colère et l’indignation légitime des Français s’est fait ressentir. Et très rapidement, telle une traînée de poudre, l’indignation et la consternation inqualifiables, se sont répandues dans le monde entier. De milliers de personnes, au rang desquelles des Africains, ont affiché publiquement sur les réseaux sociaux et dans les médias, leur bouleversement sarcastique pour ce patrimoine français et la douleur inconsolable devant cette scène qualifiée d’horreur. De simples citoyens, aux églises, en passant par des institutions internationales, des chefs d’Etat et de gouvernement, chacun s’est senti profondément touché. Le succès des appels au don fait fureur. En fin d’après-midi du mardi 16 avril, certains médias recensaient déjà plus de 600 millions d’euros de promesse de dons, notamment via des opérations de mécénat. Parmi lesquels ceux de nombreux Africains. Tout ça, pour un bâtiment en France.

La Guinée Conakry aurait versé beaucoup d’argent pour la reconstruction de la cathédrale Notre dame. Crédit photo :Guinée Infos. Image reproduite avec autorisation
Un des dons versés pour la reconstruction de la cathédrale Notre dame. Crédit photo :BFMTV. Image reproduite avec autorisation

Alors, j’ai voulu comprendre. J’ai voulu savoir ce qui se passe avec la mentalité dépigmentée des Africains. Je n’ai rien contre les Européens qui ont juste su agir pour leur patrimoine. Mon problème, c’est avec mes « Frères ».

Depuis que cet événement a eu lieu, il m’arrive parfois de m’asseoir des heures et des heures devant ma télévision pour regarder mon Afrique. Tenez-vous bien tranquilles ! Sur 10 informations sur le continent, 9 sont des tristes malheurs: Coups d’état, épidémies, guerres civiles, immigration clandestine, noyades, tueries diverses, terrorisme, famines, pénuries, accidents…Le tableau est si sombre et délirant. Je me suis alors sincèrement interrogé avec colère. Comment, oui comment des Africains peuvent-Ils donc autant s’indigner pour des pierres en béton en France alors qu’il est clair que d’innombrables personnes souffrent le martyr partout sur leur continent ?  Ils broient du noir. Mais jamais, je n’ai vu une telle vague d’indignation. La vie humaine vaut donc moins qu’un bâtiment reconstruisable ? Un édifice vaut donc plus que toutes ces âmes parties et meurtries ?

À chaque seconde en Afrique, de milliers d’âmes meurent de faim, de maladies, de guerres, et cela après des semaines et des mois d’une souffrance horrible. Cette atroce souffrance qui ne se limite parfois pas à la simple douleur physique; mais qui inclut la détresse psychologique et mentale des concernés et de leurs proches, qui, souvent, doivent regarder étourdis, leurs enfants mourir dans leurs bras. Mais jamais, les Africains n’ont bronché et se sont consternés. Chez nous, mourir est si facile et banale que la mort devient une moquerie. Ah oui ! Pendant ce temps, L’Africain préfère pleurer pour un bâtiment en France.

Un chef traditionnel Ivoirien veut participer à la reconstruction de la cathédrale Notre dame. Crédit photo :Culture Ébène. Image reproduite avec autorisation

Et étonnamment, tout cela arrive, sans que personne ne s’émeuve. Sans que personne ne sorte 10 F par altruisme. Quel est donc le problème? Qu’est ce qui n’a pas marché? Comment peut-on autant rester insensible et de marbre devant la souffrance humaine mais pleurer pour un édifice qu’on a parfois  jamais vu ? Comment est-ce possible ?

Le mot Afrique lui-même dénote finalement « continent de malheurs ». Les Africains ont tant «mal». Oui, ils saignent dans leur cœur et dans leur chair. Certains subissent des traumatismes et des douleurs indescriptibles dus à des infections, des maladies et autres conditions invalidantes. Chaque fin d’année, le bilan est lourd et macabre: de millions de nouveaux orphelins à cause du SIDA. Des réfugiés par milliers. Des corps mutilés. Des déplacés de guerres. Des handicapés énormes. Tout récemment encore, c’est Ebola qui est arrivé et décimait tous les jours une bonne tranche de la population congolaise. Des terroristes décimaient tout un village, oui tout un village Peuhl au Mali. Un cyclone balayait de milliers et de milliers de personnes au Botswana et au Zimbabwe. Les tueries et les barbaries sont donc naturellement devenues le plat exquis et quotidien de tout un peuple. Il s’en régale bien. Et curieusement, personne ne s’émeut. Personne ne contribue. Personne n’organise une quête mondiale. Non, non, non ! Trois fois Non !

Ce manque du nécessaire, même le plus élémentaire (de l’eau en quantité suffisante, de l’électricité, l’hygiène, le vêtement, un foyer et pire de la nourriture), entraîne des souffrances incommensurables chez plus de la totalité des personnes en Afrique. Et les conditions ne font qu’empirer. Tout ne fait que s’aggraver. Mais nous pleurons quand même un bâtiment en France. Quel gâchis !

La lettre de compassion du président du Cameroun Paul Biya. Crédit photo :Cabinet Civil présidence du Cameroun. Image reproduite avec autorisation

À cause de ces barbaries, certaines de nos Nations voient leurs économies, leurs patrimoines, leurs richesses, leurs propriétés, maisons et commerces totalement détruits, pendant qu’une grande partie de la population civile meurt ou est fatalement blessée. Mais nous nous indignons pour Notre dame. Vaut-elle plus que notre âme ?

Je suis abasourdi devant un tel spectacle macabre. Pourquoi, oui pourquoi l’Afrique reste-elle donc aussi indifférente face à ses propres malheurs ? Est-elle sourde ou refuse t-elle tout simplement de s’entendre? Comment et pourquoi se laisse t-elle sombrer ainsi? Et préfère tourner la face vers les malheurs des choses éphémères des Blancs ?

Ne voit-elle pas ces tremblements de terre, ces inondations, ces éruptions volcaniques, ces tornades dévastatrices, ces ouragans incontrôlables, ces tempêtes et autres cataclysmes, ces sécheresses éternelles, ces infestations d’insectes qui ajoutent leur poids à l’index de la misère humaine ? Sincèrement, pourquoi sommes nous ainsi ?

Oui, pourquoi la guerre, le terrorisme et la violence chez nous ne font pleurer personne ? Pourquoi les Africains doivent-ils souffrir de maladies et de faim,  mais ne s’offusquent pas pour autant ? Pourquoi l’Africain doit-il autant subir la pauvreté et la misère à la suite de catastrophes naturelles? Mais ne s’émeut pas ? POURQUOI ces choses arrivent-elles de façon routinière en Afrique? Mais personne ne dit rien ? Personne ne s’indigne. Personne ne sort des centaines de milliers de Francs ?  Mais préfère pleurer et contribuer pour  Notre Dame ? Un simple bâtiment. Sommes-nous maudits ?

Une internaute s’indigne de l’attitude des Africains. Crédit photo :Le Barbu Nouméa. Image reproduite avec autorisation

Sincèrement, je m’interroge, et je souhaite comprendre ! J’ai l’impression que les Africains sont dépassés. Leur dépigmentation mentale a atteint des proportions alarmantes. Ils veulent donc  me faire croire que leur âme est en dessas d’une cathédrale ???!! !

Avec l’incident de Notre Dame, j’ai finalement compris qu’ils ont vraiment vendu leurs âmes. Notre dame le leur a brulé dans cet incendie.

Pauvre Afrique. Donc tu étais donc vraiment si mal partie ???

Fabrice Nouanga

Whatsapp :237-694-658-721

2 commentaires sur “Africains du monde entier, Notre Dame ne vaut pas notre âme

  1. Très belle lecture de cette actualité qui a été au cœur des débats cette semaine. Toutefois, j’ai certaines réserves que je souhaiterais émettre:
    Je crois qu’il faudrait davantage s’appesantir sur l’aliénation des leaders africains qui prétendument élus démocratiquement vont encore vers la Métropole pour rechercher leur légitimité. Car, généraliser et ramener la consternation de ces leaders à celles de toute l’Afrique contribuerai une fois encore à alimenter les stéréotypes relatifs à la médiocrité de l’africain ou encore à son incapacité à se défaire de l’Occident. Ils ne sont pas les enfants de l’Afrique mais celui de la Métropole, ils sont là pour protéger leur propre intérêt et celui de leur mère patrie. En ce sens, on comprends très vite leur prompt mobilisation et leur consternation.
    En outre, ayant parcouru également le tour des publications cette semaine, j’ai pu observer avec quelle ironie les jeunes présentaient la situation, et également déploieraient l’attitude de leurs leaders.
    Par ailleurs, je trouve également au travers de cet article les traces de l’ « afro-pessimisme », car en suggérant que l’Afrique en elle-même dénote « un continent de malheurs» c’est la condamnée sans procès. Peut-être être sommes nous mal partis. Mais je refuse de penser que nous sommes condamnés comme Sysiphe à rouler toute notre vie la pierre des malheurs et du désespoir.

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