Comment rédiger un billet sans fautes d’orthographe (deuxième partie)

Je vous livre ici la suite du billet qui vous aidera désormais à ne plus commettre des fautes d’orthographe dans la rédaction de vos billets.

1- LES MOTS COMPOSÉS

En règle générale, le trait d’union relit toujours les composantes d’un mot composé. Exemple : camion-citerne, arc-en-ciel, garde-malade, timbre-poste, porte-chars…
On doit surtout noter que les mots dont le deuxième élément commence par un « i » et également ceux composés de trois éléments, sont automatiquement composés et s’écrivent donc avec un ou des traits d’union, sauf si cette soudure entraîne une mauvaise prononciation ou des difficultés à la lecture. On écrit ainsi « microéconomie » mais « micro-informatique » (sinon on lirait « microinformatique »), ou encore agroalimentaire mais agro-industrie (et non pas agroindustrie).

Cependant, il faut retenir que la plupart des mots qui commencent par le préfixe pro (pour) et ceux qui emploient anti (contre), prennent le plus souvent un trait d’union(-). Sauf lorsque la prononciation ne le permet pas. Exemple : Pro-français. Anti-américain. Attention cependant ! Pro forma (pour la forme) s’écrit quant à lui en deux mots car c’est du latin.
Voici, du moins, les mots français qui s’écrivent sans trait d’union : Antiaérien ; antichar ; antinational ; contrebalancer ; contrebande ; contrebasse ; contrebattre ; contrecarrer ; contreclef ; contrecoup ; contrefaçon ; contrefait ; contrefort ; contrepartie ; contresens ; contretemps ; contrevenir ; contrevérité ; marchepied.

NB : En outre, un mot composé avec un nom propre est écrit avec un trait d’union. Exemple : Ex-Yougoslavie. Autre exception : le terme quasi. Lorsqu’il précède un nom, les deux mots sont liés par un trait d’union. Exemple : quasi-cécité.

 

 

2- LE PLURIEL DES MOTS COMPOSÉS

En règle générale, concernant le pluriel des mots composés, seuls les noms et adjectifs acceptent un pluriel, à l’exception près, de « grand », des mots invariables et des noms complément (lorsque le complément du nom est un autre nom juxtaposé au premier). Verbes et adverbes restent invariables.
Exemples : Nom(s) + nom(s) : Un wagon-restaurant, des wagons-restaurants
Nom(s) + nom complément : Un timbre-poste, des timbres-poste
Nom(s) + adjectif(s) : Une belle-sœur, des belles-sœurs
Grand + nom féminin(s) : Une grand-mère, des grand-mères
Verbe + nom(s) : Un porte-clés, des porte-clés.
Verbe + verbe : Un savoir-vivre, des savoir-vivre.

 

NB : « Demi » présente certaines particularités. Il est ainsi invariable lorsqu’il est placé devant un nom et prend un trait d’union : « deux demi-heures ».

Toutefois, après un nom, « demi » prend le genre du nom auquel il se réfère et reste au singulier : « deux heures et demie ».

 

 

 

3- LE PLURIEL DES MOTS D’ORIGINE ETRANGÈRE

Les mots empruntés aux langues étrangères et francisés s’accordent en général comme tout autre mot français. Gare à ne pas se tromper. Ainsi match, d’origine anglaise, devient au pluriel, matchs et non matches (pluriel mais en anglais). Scénario, d’origine italienne, s’écrit au pluriel, scénarios. La forme scénarii est plus rare mais également possible.

L’Académie française recommande la première solution. Bref, si un mot d’origine étrangère est d’usage courant en français, il faut en franciser l’accord.

 

 

4- L’USAGE DES ACCENTS OU SIGNES AUXILIAIRES

 

L’accent aigu se place sur la voyelle « e ». Exemples : La bonté, le café, la charité, un éléphant…On le retrouve plus précisément, lorsque cette voyelle est la première lettre d’un mot (sauf les mots en -ère et -ès qui prennent un accent grave. une ère (époque de temps), un ers (légume lentille), un aloès. On le retrouve encore lorsque cette voyelle est la dernière lettre d’un mot (y compris si le mot se termine par un pluriel avec -s ou un -e muet)…On le trouve enfin en fin de mot sur les participes passés des verbes en er à l’infinitif. Exemples: Un éditeur, un électronicien, une épreuve. Un abonné, la liberté, le lycée. Désigné, mélangé, préféré. Chanté, donné, tué, été, hétérogénéité…

 

L’accent grave ne peut se placer que sur les voyelles e, a et u. Exemple : à, çà, deçà, delà, déjà, holà, là, où, voilà…Il se place également en fin de mot, lorsque ce mot au singulier est terminé par un -s. Exemples : Abcès, accès, après, auprès, congrès, décès, excès, exprès, près, procès, progrès, succès, très…Il est placé sur la lettre e, principalement, devant un groupe de consonnes si la deuxième est un L ou un R. Exemples : Le lièvre, la fièvre, une nèfle, le trèfle

 

L’accent circonflexe ou chapeau chinois porte sur toutes les voyelles sauf le « y ». Il sert le plus souvent de signe discriminant entre deux mots homophones pour les distinguer. C’est le cas pour tacher (faire une tache, une saleté) et tâcher (faire en sorte que, faire des efforts pour). On distingue également l’adjectif ou nom masculin dû, du verbe devoir, de l’article défini du. De même, les verbes croire et croître s’écrivent respectivement croit et croît à la troisième personne du singulier, ou encore cru et crû pour leur participe passé. Il se place en particulier sur le -o des possessifs : le nôtre, le vôtre, les nôtres, les vôtres. D’ailleurs les reformes de l’orthographe exigent désormais qu’on le retire des lettres « u » et « i » dans les mots comme chaine, voute, paraitre…

Le tréma à une fonction plus précise et apparaît sur les voyelles e, i, u et parfois sur le y dans des noms propres. Cet accent indique en règle générale que la voyelle précédente doit être prononcée séparément, ou que la voyelle accentuée est muette pour permettre une prononciation adéquate. Exemples : – Aïe, aïeul, un problème aigu et une voix aiguë, un personnage ambigu et une réponse ambiguë, ambiguïté, capharnaüm, ciguë, un passage exigu et une porte exiguë, exiguïté, contiguë, contiguïté, exigu, exiguë, exiguïté, aiguë, aïeul. NB : Pour vous aider à ne pas l’oublier, voyez quel effet cela fait lorsque vous enlevez le tréma et lisez littéralement le mot écrit.

 

En outre, on ne place jamais d’accent sur une voyelle qui précède une consonne double. Exemple : la chasse, une étiquette, une pomme, une trompette. Bien plus, l’Académie Française recommande, lorsque cela est possible, de faire figurer les accents sur les majuscules, ce qui facilite la compréhension du texte et évite des erreurs de sens.
5- LES CITATIONS

Pour faire apparaître une citation dans un billet, vous devez utiliser les guillemets français. C’est-à-dire cela : « ». L’utilisation des guillemets anglais se fait à l’intérieur même de la citation. Exemple : « Le terme de « draguer » au Cameroun signifie faire la cour à une femme. »

Si par contre, vous souhaitez couper certains éléments d’une citation trop longue, voici comment il faut procéder. Exemple : Au lieu de « Pourquoi te fatiguer à programmer alors que des gens le font pour toi et de surcroît le font mieux ? Un conseil : va plutôt bosser tes cours. », Faites plutôt ceci : « Pourquoi te fatiguer à programmer (…) va plutôt bosser tes cours. »

 

6- UN PEU DE VOCABULAIRE JURIDIQUE

Bien que nous ne soyons pas toujours amenés à employer ces termes tous les jours, les erreurs commises à leur propos sont tellement fréquentes que je préfère clarifier ce côté obscur du vocabulaire propre au droit. Je vous indique donc ici les termes à employer pour éviter aux juristes qui nous lisent de s’arracher les cheveux.

Quelques exemples : Un contrat stipule ; la loi dispose ; le traité est ratifié ; une loi est promulguée ; les ordonnances ou les décrets sont signés ; le Gouvernement formule des projets de loi ; le Parlement formule des propositions de loi. NB : j’insiste bien, ce n’est pas parce que vous avez lu dans Le Monde ou dans Le Figaro qu’une loi stipulait quelque chose que cela est correct. Non !

 

 

7- PETITE LISTE DES MOTS DONT LE GENRE EST SOUVENT INVERSE

Nous confondons très souvent le genre féminin ou masculin réel des mots ci-dessous : un astérisque ; un augure ; un clope (les deux genres sont acceptés d’après le Larousse de 2003) ; une doléance ; une échauffourée ; un équinoxe ; un gamète ; un intervalle ; un pétale ; une orthographe ; un tentacule.

 

 

8- CONSONNES DOUBLE OU NON ?

Faut-il doubler une consonne dans un mot ou pas ? Cela dépend de ce que l’on souhaite dire. En effet, certains mots changent de sens dès que l’on double une consonne. Ainsi détonner concerne le ton et détoner se rapporte à une explosion. De son côté, l’adjectif prud’homal s’écrit avec un seul m tandis que le nom en prend deux : prud’hommes.

 

 

Voilà, j’espère chers amis blogueurs que ce petit tutoriel sur l’orthographe vous aidera à ne plus glisser des petites coquilles dans vos billets. Nous ne pouvions pas vous donner toutes les règles qui existent au monde. Nous en avons triées les plus essentielles. Faites en surtout bon usage. A la prochaine pour le prochain tuto. Fabrice Larry NOUANGA

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