Trop c’est trop : que les Camerounais arrêtent de boire!

C’est l’histoire de Nadia F. une amie de longue date, jeune ingénieur agricole. Lors d’une sortie amoureuse avec son ex amant, elle a fatalement subi les méfaits pervers de l’alcool. Avec ce qui lui est arrivé, je crois qu’elle ne pourrait plus jamais s’asseoir là où se trouve un verre de bière ou de whisky.

 

Tout a  commencé par un rendez-vous dans un bar…
Après quelques semaines de séparation, suite à un malentendu et à quelques maladresses de couple, elle décida de renouer avec son bon gars et s’engagea donc de repartir à zéro. Elle le retrouva ce samedi soir là devant un bar très populaire de la ville. Quand elle arrive, il est adossé au mur du bar, prenant une pose à la John Wayne, une cigarette au bec, et une bière entamée à la main. Arrivée à sa hauteur, il ne lui dit rien hein, mais la plaque curieusement contre le mur du bar et glisse furieusement sa langue dans sa bouche et empoigne ses fesses de sa main libre, en renversant sa bière près d’elle.

 

 

Elle ignorait que le pire devait bientôt se produire…

 

D’abord agréablement surprise par tant de passion, elle sentit vite la (FORTE) saveur de la bière dans sa bouche. Elle comprend alors que son « amoureux » est vraiment pinté. Furieuse, elle le gifle et pour s’excuser le gars lui répond d’une voix glauque, bourrée et légendaire, confirmant qu’il avait effectivement BU, trop BU même avant de la revoir, pour se donner du courage et oser l’embrasser. Excuse acceptée.

Ils continuèrent quand même la soirée en marchant. Mais, c’était sans compter sur ses dizaines de chutes ; il voulut lui offrir du chocolat mais il est tombé de tout son corps de viande saoule sur le pauvre vendeur ambulant au moment de payer ; ses cris pour lui parler ; les projets de ce qu’il avait prévu de lui faire au lit (tout ce qu’il ne pouvait jamais lui faire avant) étaient indigestes. Un vrai calvaire.

 

Ayant eu marre des humiliations qu’elle subissait déjà, elle voulut l’abandonner pour partir. Mais, le bon gars serra son bras fort pour la retenir. Elle réussit heureusement à se défaire de son étreinte, lui parla, le calma, et lui demanda de rentrer chez lui, qu’ils s’appelleraient le lendemain (bien entendu…).

 

 

L’alcool est donc si méchant  et cruel???

 

Optimiste, elle commence à croire que le bon monsieur a repris un tant soit peu de sagesse et de sobriété et va ENFIN rentrer chez lui hein. Quand, soudain, elle le voit tout naturellement ouvrir sa braguette, faire tomber son pantalon et son bermuda à ses pieds. La scène se passe dans une rue un peu déserte. Et là, il se met à pisser à côté d’elle. Et du coup, elle a pris ses jambes à son cou et courut, courut, courut.

Quelques minutes plus tard, Nadia F. jeta un regard par dessus son épaule et voit son bourreau essayer de lui courir après, caleçon et pantalon toujours à ses pieds, le gros sexe en balade, digne d’un Denis Lavant dans un film de Carax, titubant dans la nuit profonde et lui criant : « Mais Nadiaaaaa, attends-moi, Nadiaaaaaa, je t’aiiiiiiiiiime »… C’est la dernière fois qu’elle l’a vu et entendu cette nuit là.

Elle a longtemps couru et est venue se réfugier chez moi, car je n’habite pas loin de là. Elle avait tant peur qu’il la retrouve. Je lui fis alors remarquer que ça aurait pu mal se terminer. Lhomme était sous l’effet de l’alcool et ne se contrôlait en fait plus.Elle est jusqu’à présent traumatisée par cet incident et à juré ne plus sortir ou rester avec un alcoolo.


L’alcool, un ami trop dangereux…
Cette histoire rocambolesque m’a ainsi permis de faire repérer à ma chère amie, les méfaits de la consommation abusive de l’alcool dans nos vies. Dans une société anxiogène comme celle du Cameroun, où l’individu a le sentiment qu’il n’y a plus de sécurité nulle part, ni dans la rue ni dans le travail, ni dans le domaine de la santé, le Camerounais joue le rôle de l’apaisement et de l’oubli en se plongeant dans l’abus d’alcool. Pour lui, boire c’est décrocher un peu. Faute de rêver. Quelles hallucinations !
Un organisme détruit et saccagé…

 
Dans notre organisme, l’alcool descend dans l’estomac mais n’a pas besoin d’être digéré. Après quelques verres, le buveur peut ressentir de nombreux effets : il se sent plus calme, il devient très loquace, la gêne disparaît, il se sent un peu étourdi, ses gestes sont incontrôlables. Plus il boit, plus les effets augmentent et peuvent devenir indésirables : l’étourdissement se transforme en mal de tête, le calme en nausée et la parole en balbutiement…

 

En petite quantité, l’alcool accroît le rythme cardiaque et la pression, mais les diminue lorsque consommé de façon excessive. Beaucoup de nos organes sont ainsi altérés : le cœur, les reins, l’estomac, la peau, le cerveau. Il peut provoquer des pertes de mémoire et même certains types de cancer qui conduisent fatalement à la mort.

 

 

Un esprit perturbé et dépressif…

 
Sur le plan psychologique, c’est encore plus dangereux. L’alcool entraîne des perturbations terribles sur la vitesse psychomotrice, la mémoire, l’apprentissage, l’appréciation de l’espace, la capacité de raisonnement. Il plonge le soulard dans une espèce d’anxiété et de dépression sans faille. Ses buveurs, en état d’ébriété, peuvent devenir violents avec les gens de leur entourage. Ils ont surtout une grande tendance à blâmer les autres hein, la famille, les amis, les compagnons de travail parfois, pour rien comme ça. On remarque chez eux, un affaiblissement des facultés intellectuelles, une vraie obnubilation de l’esprit.

L’alcool humilie tant. Crédit photo : F k

Des Camerounais nuls et sans personnalité…

 
Sur le plan social alors, c’est la catastrophe. Les Camerounais sont devenus de vrais malades à cause de leur passion pour la bière. Ils y investissent tout leur argent et voilà pourquoi ils ont autant de difficultés financières et affichent une irresponsabilité notoire. Tous les jours, ils ont des problèmes de relations avec leur conjoint et leurs enfants. Combien d’enfants ont été fabriqués dans l’alcool ? Combien de viols vécus ? Combien de MST et de Virus de VIH contractés ?

 

 

Trop c’est trop…

 
À cause de l’alcool, dans les familles, ce sont les chicanes, les mauvais traitements, le non respect de la parole donnée qui dictent leur loi. À cause des parents alcooliques, les enfants connaissent des troubles émotifs et comportementaux. L’alcool que boit une femme enceinte irrigue le fœtus et à la naissance, l’enfant finit par avoir des problèmes physiques ou mentaux toute la vie. Ceux des alcooliques qui travaillent, brillent par une paresse hors pairs ou un absentéisme criard dont les conséquences sont une baisse marquée du rendement au travail. Et on est souvent surpris de voir le Cameroun se retrouver autant en arrière. Triste !

 

J’arrête donc de boire…

 
L’alcool n’est pas un produit ordinaire. Bien qu’il ait souvent des connotations de plaisir et de sociabilité, les conséquences néfastes de son usage sont diverses et très répandues. Il conduit directement vers la tombe. S’alcooliser fortement nous marginalise rapidement et nous aliène. Il est grand temps de cesser de boire autant. Sortons un peu de ce monde fou ! Et moi, pour passer de la parole aux actes, Comme mon ami Deudjui Ecclésiaste, je décide dès aujourd’hui, de ne plus boire de l’alcool oooh. J’en ai terminé.

 

Fabrice Larry NOUANGA

 

1 commentaire sur “Trop c’est trop : que les Camerounais arrêtent de boire!

  1. Je fais partie de ces femmes qui ont supporté (trop ) longtemps un compagnon alcoolique et l’ont vu s’éteindre et perdre ses qualités sociales et intellectuelles d’abord, les unes après les autres, son travail, sa famille et sa santé ensuite. la même chose est arrivée aussi à mes amis. C’est une très sage décision que tu prends car les temps futurs sont incertains, et tous, nous aurons besoin de force et de lucidité.

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