Quelles sont les causes de la mort de DJ Arafat ?

La triste nouvelle est officielle depuis hier: le chanteur ivoirien DJ Arafat, de son vrai nom Ange Didier Huon, légende du coupé-décalé, est mort à 33 ans, lundi 12 août, des suites d’un accident de la circulation survenu la veille. Il était 23h30, dimanche 11 août, dans les rues d’Abidjan, lorsque, avec un groupe d’amis, Arafat enfourche sa moto sport et en pleine vitesse, percute violemment par l’arrière une voiture roulant devant lui.

Transporté inconscient à l’hôpital quelques heures plus tard, le chanteur ne survivra pas à ses blessures. C’est l’émoi et la consternation totales. Telle une traînée de poudre, la nouvelle se répand dans le monde entier et tourne en boucle à la télévision et sur les réseaux sociaux. Mais que s’est il donc passé ? Une vidéo de ce tragique accident, apparemment vraisemblable et circulant sur la toile, dévoile a priori les causes pathétiques de la mort de Zeus, comme il se faisait lui-même appeler.

Arafat, toujours aussi free boy – CC
Après une observation attentive de ces images choquantes, je pense aujourd’hui que deux facteurs fondamentaux sont à l’origine de cette disparition tragique et brusque de l’artiste : les vraies causes morbides et pathétiques de cette mort sont toutes humaines. Découvrez-les ci-dessous.

I-   La délinquance routière a tué le DJ Arafat

Arafat a bradé son crâne…

Oui il l’a bradé. Lors de cet accident mortel, il ne portait pas de casque de sécurité. Pourtant, la vocation d’un casque de sécurité lorsqu’on roule à moto est de protéger la tête du conducteur. Ainsi, en cas d’accident, il permet d’amortir le choc avec le sol ou tout autre obstacle et protège également des écorchures en cas de glissement sur la chaussée. Naturellement donc, il est un accessoire obligatoire. Il doit être porté. Impérativement. Malheureusement, DJ Arafat a choisi de ne pas en porter un, exposant ainsi son crâne à ce choc violent contre le sol lors de sa chute fatale.

Arafat roulait dans une roue arrière

Au volant de son engin à deux roues, et si tard dans la nuit, le jeune motard s’est lancé dans une « roue arrière », une pratique spectaculaire qui consiste à accélérer brutalement afin de soulever la roue avant de la moto et de rouler sur la seule roue arrière, tout en dosant les gaz. Mais, malheureusement pour lui, les rues d’Abidjan ne sont pas celles de New-York ou de Paris. Le jeune chanteur, visiblement inexpérimenté dans ce genre de pratiques, a ainsi perdu brusquement le contrôle de sa moto et a percuté à grande vitesse un véhicule roulant devant lui. Sa tête nue venant heurter très violemment la carrosserie dudit véhicule.
Motard en roue arrière – flickr

Arafat roulait à tombeau ouvert…

C’est scientifiquement prouvé : la vitesse ne fait pas qu’aggraver les accidents de circulation, elle les provoque. Car, plus un usager de la route roule à vive allure, plus le champ visuel du conducteur est réduit pour se fixer sur le centre de la route. La personne au volant n’est alors plus en mesure d’anticiper les dangers. Lorsqu’un danger approche, il est souvent trop tard pour appuyer sur la pédale de frein. DJ Arafat le savait certainement.  Mais il a choisi de rouler dans les rues étroites et encombrées d’Abidjan à très vive allure.  L’état épave de sa moto témoigne à suffisance la violence du choc, due à son excès de vitesse.

– Arafat, broyé par la mauvaise conduite d’une « chauffarde »

Percutant un vehicule en pleine intersection, bien plus, Arafat meurt, non seulement à cause ses propres turpitudes, mais à cause de la mauvaise conduite du chauffeur, que dis- je ? De la « chauffarde » du véhicule percuté par la moto.

En effet, Dès lors qu’un conducteur constate une panne ou une absence de feux de signalisation au niveau d’un croisement, il doit faire preuve de prudence afin de pouvoir traverser l’intersection en toute sécurité. Ce que la dame n’a apparemment pas fait. Dans ce cas, il est formellement déconseillé aux usagers d’accélérer pour passer le plus vite possible sans prêter attention aux autres usagers car le risque de collision demeure très présent. Aussi, plutôt que d’engendrer une situation de danger supplémentaire, il convient de ralentir afin de bien observer son environnement de conduite. Madame a dit « akaaaaa » !
Autre chose,  dans un tel cas, la priorité revient aux usagers qui arrivent par la droite. De fait, la dame en question devait donc s’arrêter afin de céder le passage à Arafat qui avait naturellement la priorité. C’est élémentaire dans un code de la route.  Pour cela, il était nécessaire pour elle de réaliser des contrôles visuels de chaque côté de la chaussée avant d’avancer son véhicule au lieu de forcer le passage. On aurait ainsi évité le risque de collision qui s’est produit. Cependant, en présence d’un ralentissement important, elle aurait dû faire preuve de courtoisie afin de fluidifier le trafic.  Malheureusement,  le conducteur de la voiture accidentée n’aurait pas respecté ces règles et Arafat en a payé les frais. Triste !
La vidéo de l’accident commentée sur Facebook

II- Les mauvais samaritains et leurs selfies précipitent Arafat à la tombe

La vidéo qui circule indiquerait que le DJ Arafat n’a pas vite été secouru. À l’air du buzz et des réseaux sociaux, au lieu de venir urgemment en aide à la victime ou d’alerter rapidement les secours, les témoins ont tôt fait de filmer l’horreur pour s’empresser de la publier sur les réseaux sociaux. L’objectif pour certains : atteindre le plus de vues possibles et des likes en cascade.
Comment expliquer que face à la détresse de la victime, des témoins pensent, en premier lieu, à filmer Arafat gisant dans le sang, inconscient et agonisant, plutôt que d’alerter les secours ? On a carrément l’impression d’être dans un film en somme. Comment peut-on en arriver là ? Pourquoi le Smartphone a-t-il un tel pouvoir sur nous ? Quel cynisme ! Il faut donc sensibiliser, communiquer… mais également parler des sanctions possibles. Malgré ces constantes évolutions technologiques, ne peut-on pas espérer une prise de conscience de ces dérives ?
Arafat est vraiment mort – capture d’écran

Une mort qui aurait pu être évitée…

Voilà donc analysées, les causes probables, morbides, cyniques et pathétiques de la mort de DJ Arafat : la légende ivoirienne est sûrement morte par simple imprudence et par vive négligence. Que son âme repose en paix. Courage à sa famille, à ses proches et à ses fans. Adieu l’artiste !

Fabrice Nouanga

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